Lamborghini Gallardo LP550-2: Celle de Valentino Balboni

Lamborghini Gallardo LP550-2 Valentino Balboni

LG-5 stars

La dernière Huracan n’étant pas disponible, Luxgears a choisi un ancien mais rare modèle, celui qui fut créé en l’honneur du pilote essayeur attitré de la maison de Sant’Agata…

Valentino Balboni, pilote d’essai de référence, fut 40 ans durant le responsable de la validation routière de toute nouvelle Lamborghini… Pas mal comme carte de visite ! Aussi, quand il décida de prendre sa retraite en 2008, Lamborghini lui consacra un modèle à son image pour le remercier de ses bons et loyaux services. En grand connaisseur du pilotage, il développa une version très spéciale de la Gallardo. Pour lui, elle devait abandonner sa transmission intégrale au profit de la propulsion via ses seules roues arrière motrices. Son nom « LP550-2 » symbolise sa boîte en position longitudinale postérieure, une puissance de 550 ch et 2 roues motrices… Tout un programme !

Valentino Balboni et sa création

Valentino Balboni et la Gallardo LP550-2 qui porte son nom

Série limitée

IMG_44791Construite à seulement 250 exemplaires, cette Gallardo est celle du connaisseur car une des plus exclusive mais aussi la plus enivrante à piloter. Exclusive, elle l’est par sa bande blanche  – en clin d’oeil aux modèles des années 1970 – qui court sur sa carrosserie le long des capots et du toit, et dans l’habitacle sur la console centrale et les sièges. Enivrante, elle le devient par les sensations de pilotage qu’elle distille. En effet, en perdant la traction intégrale, elle gagne en légèreté (120 kg) et en vivacité de comportement. Le setup de ses suspensions, son aérodynamique et même ses pneus ont aussi été adaptés à cette métamorphose qui est bien plus profonde qu’on ne pourrait l’imaginer…

La première fois

On était en 2011 lorsque j’ai conduit une Gallardo pour la première fois, une journée entière au volant d’une LP560-4 bicolore en sillonnant la Belgique pour me rendre successivement sur les circuits de Zolder, Mettet et Spa-Francorchamps. Et pour être honnête je n’en ai pas garder un souvenir exceptionnel, la faute à cette Gallardo ! Aussi fantastique qu’ait pu être cette journée (pourvoir piloter une Lambo sur circuit toute une journée…), j’en sorti un peu frustré car, sur route, la LP560-4 était trop efficace pour l’exploiter pleinement et, sur circuit, elle ne l’était pas assez car trop lourde pour cet exercice… Vous pensez que je suis difficile ? Pas tant que ça car ce fut une autre histoire avec la LP550-2.

Le Cockpit de la Gallardo LP550-2 Balboni

Le Cockpit de la Gallardo LP550-2 Balboni

Brut de décoffrage

Pénétrer dans une Lamborghini Gallardo est un exercice très spécial, sa position de conduite allongée nous plonge dans son habitacle aux allures de vaisseau spatial tant le parebrise est loin et incliné. La découverte de son instrumentation « old school » surprend, habitué que je suis aux dernières réalisations ultramodernes… C’est qu’il y a encore de vraies aiguilles qui s’affolent dans son compte-tour et ses manomètres !

Au démarrage, le grondement rauque du V10 ne laisse planer aucun doute… pas de turbo, un bon gros 5,2l atmo vibre bien dans mon dos et rien que ça c’est jouissif ! 

Les premiers tours de roues sont eux aussi sans équivoque ; la suspension non pilotée ultra ferme indique de suite que ce bolide est taillé pour la vitesse. Les passages de rapport de sa boîte E-gear, lents et hachés, me ramènent 10 ans en arrière, époque où les boîtes double-embrayage n’étaient encore disponibles que sur de simples VW. Bref, les premiers kilomètres à son volant m’ont donné l’impression d’une voiture « brut de décoffrage », et de regretter le confort, la fluidité et la facilité des voitures modernes.

Profil

Savoureuse

Mais au fil des kilomètres je découvre ma monture, je m’accoutume à ses manières et j’assimile son mode d’emploi, celui des supercars de la belle époque. Son moteur donne le son et monte dans les tours avec une frénésie que les nouveaux moteurs turbo ne peuvent égaler…

Monter les rapports en mode « corsa » devient vite addictif tant la violence de leur passage secoue mon corps tout entier, comme s’il entrait en transe à chaque fois qu’un nouvel engrenage s’engage sur l’arbre de transmission.

La sensation pure de sa direction (hydraulique et dépourvue de la traction intégrale) est un autre élément qui me met en communion avec cette fabuleuse machine. Elle manque un peu de mordant mais permet une parfaite lecture de la route évitant toute surestimation. De mordant, les freins n’en manquent pas tant ils plantent le nez de cette Gallardo à chaque impulsion sur la pédale du milieu qui restitue un feeling fidèle à celui d’une voiture de course. Son comportement routier agile est inexploitable sur route mais restitue des sensations exceptionnelles et suggère une efficacité sur piste à laquelle la lourde et trop lisse LP560-4 ne pouvait prétendre. Au terme de ce bref essai, je ressors réconcilié avec la Gallardo qui, en version Balboni, se révèle comme celle qu’elle aurait dû toujours être. Bestiale, capricieuse, délicate à dompter mais tellement savoureuse… chose que les supercars modernes sont en train d’oublier !

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 Fiche Technique

Fiche Technique Balboni

Photos: Xavier F. Photography / Lamborghini – Le véhicule de cet essai est disponible à la vente chez Car de Lux