Seat Leon Cupra R: Froide efficacité

cupra R 34AV

A l’image de certaines marques prestigieuses, la Leon Cupra s’offre une dernière évolution, sous la forme d’une série limitée siglée « R », avant de tirer sa révérence.

Avec son air de ne pas y toucher, la Leon Cupra avait un temps pointé à la première place du segment des compactes sportives grâce à des performances et des qualités dynamiques qui lui avaient valu de détenir le meilleur chrono des « tractions » sur la mythique boucle nord du Nuerburgring. Il est vrai que son look pour le moins discret ne la mettait pas en valeur face à des rivales de la trempe de la Mégane RS ou de la Civic Type R qui, en plus de se livrer une bataille acharnée sur la Nordschleife, se parent d’un look très suggestif.

cupra R side 1

Méchante et cossue

En devenant « R » la Leon Cupra comble au moins cette lacune en se dotant d’éléments de carrosserie marquant clairement son appartenance à la classe des sportives. C’est ainsi que l’on distingue des boucliers plus enveloppants et des élargisseurs d’ailes reliés par des jupes latérales partiellement façonnées en carbone, cela tout comme son becquet de toit ajouré. Une panoplie de guerrière qui est complétée par des rappels couleur cuivre sur le bouclier avant, les coques de rétroviseurs et les battons de ses superbes jantes de 19 pouces enveloppées par des agressifs Michelin Sport Cup 2 ! Notons aussi des voies élargies et des freins Brembo de dimensions majorées pour une efficacité accrue sur circuit. En pénétrant dans son habitacle, on note non seulement une hausse de la présentation avec des inserts en carbone et cuivre (en rappel aux éléments de carrosserie) mais aussi de superbes sièges baquet qui manquaient à la simple Cupra. Du coup, l’ensemble donne l’impression d’être monté en gamme tout en dégageant cette petite touche de sportivité bien agréable dans ce genre de véhicule.

Le moteur montre une belle vigueur malgré une montée en régime assez linéaire et une sonorité un peu timide pour une version « R ».

Limitée

Cupra R janteNotre modèle d’essai est l’un des 799 exemplaires disponibles en deux variantes de puissance, 300 ch pour la boîte automatique DSG ou, mieux, 310 ch pour la boîte manuelle. Dotée de la boîte DSG, notre Cupra R s’est montrée très agréable dans le trafic qui se trouve chaque jour plus encombré. Dans ces conditions, les passages des rapports de sa boîte double embrayage sont doux, fluides et presque imperceptibles en mode « confort » et collent parfaitement à un usage quotidien… malgré une suspension un peu ferme. Cependant, il conviendra de basculer en mode « sport » ou mieux « manuel » lorsque l’envie nous vient d’adopter une conduite plus active, cela sous peine d’une réactivité trop lente de la boîte DSG. Le moteur montre, lui, une belle vigueur malgré une montée en régime assez linéaire et une sonorité un peu timide pour une version « R » … sauf quelques pétarades lorsqu’on active le mode Cupra. Le comportement routier est efficace et équilibré alors que les gommes Michelin radicales dégradent sensiblement le confort tout en se montrant trop peu adhérentes sur chaussée mouillée, cela, malgré la présence d’un autobloquant. C’est le prix à payer pour une efficacité que l’on n’exploitera finalement que très rarement sur circuit.

Tous ces ingrédients font de cette Cupra R une auto très efficace et particulièrement désirable…

cupra R compteur (2)

Rapide et efficace mais…

Tous ces ingrédients, couplés à des chiffres de performance alléchants, font de cette Cupra R une auto très efficace et particulièrement désirable, du moins sur le papier car en usage quotidien il faut bien avouer qu’il s’en dégage une saveur un peu fade. Cela peut paraître étrange de se prononcer de la sorte mais ce phénomène se retrouve régulièrement chez les produits du groupe VW dont la recherche de la perfection se solde parfois par un manque de sensations, voire d’émotions. Un phénomène amplifié dans notre cas par la présence de la boîte DSG qui, tout efficace qu’elle soit, concourt à isoler davantage le conducteur de la mécanique. Un constat que nous avions déjà fait il y a 3 ans lors du test de la simple Cupra, cela malgré une escapade remarquée sur la Nordschleife où elle s’était montrée dans son élément. Alors que conclure de la Cupra R ? Certes, elle est toujours aussi rapide et efficace en conduite sportive, elle possède la polyvalence d’une compacte pratique très bien finie et équipée, elle est relativement confortable pour une utilisation quotidienne et elle apporte finalement une petite touche d’exclusivité avec sa parure siglée « R ». Pourtant, tout cela ne la rend pas forcément plus excitante à conduire et de se demander si, au bout du compte, cela vaut vraiment la peine d’opter pour ce type de véhicule si l’émotion espérée n’est pas vraiment au rendez-vous…

cupra R 34AR

Fiche technique

Spec Cupra R